Inter, art actuel n° 129 – Mai 68 – Cinquante ans plus tard

Auteurs: ouvrage collectif
Editeur: Éditions intervention (2018)

Broché: 84 pages
Langue: Français
ISBN13: 978-2-924298-38-1

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SUMMARY

Numéro spécial Mai 68, avec des textes de Paul Ardenne, Jacques Donguy, Victor Muñoz, Giovanni Fontana, Charles Dreyfus, Julien Blaine, un entretien avec Daniel Cohn-Bendit… Un numéro particulièrement riche, comprenant également un large dossier sur l’art sociologique, sans oublier les rubriques habituelles.

Lorsque notre complice Charles Dreyfus nous a fait remarquer qu’en 2018, ce serait le 50e anniversaire de Mai 68, nous nous sommes dits qu’effectivement, cet événement important pouvait obtenir une certaine longévité et mieux se situer dans les mouvances et conditionnements. Puis, après avoir vérifié que les dernières générations ne connaissaient pas Mai 68, nous étions convaincus de l’importance de revenir sur ces moments, de les remettre en mémoire, surtout par l’entremise de protagonistes ayant vécu cette période chargée historiquement.

Nous relatons quelque peu cette époque, mais aussi, puisque se tiendra un colloque sur l’événement à l’UQAM, à Montréal, organisé par Martin Nadeau, nous lui avons demandé, justement, d’en faire une synthèse pour informer nos lecteurs des grandes implications suscitées par les éléments actifs et activistes de Mai 68.

Nous avons également la chance de publier un texte d’Angéline Neveu, qui a été une Enragée. Il s’agit d’un témoignage de l’intérieur pour celle qui, active dans les actions de Mai 68, a fait des dérives avec Debord. Ce document historique et inédit est ici pour la première fois publié. C’est un pavé pour l’histoire, un pamphlet vécu et « démontré ».

Michel Collet a contacté Daniel Cohn-Bendit par téléphone pour son avis sur ces événements de 68 où il avait eu une participation importante ; l’ayant vécu de l’intérieur, il nous semblait justifié d’avoir son avis, ses impressions, ses commentaires ; 50 ans plus tard pour considérer les retombées de ces moments historiques. Cohn-Bendit y parle des crises écologiques comme climatiques, de la mondialisation aussi ; des diverses émancipations et de la libéralisation des désirs.

Nous avons demandé à Paul Ardenne de nous parler des travaux et des expositions de quelques artistes pour qui ces critiques et revendications ont constitué le fondement des situations et remises en question de leur implication.

De plus, avec encore ici la complicité de notre comité de rédaction international, il semblait justifié de connaître la perception de l’événement qu’en ont eue les Italiens, par Giovanni Fontana, les Espagnols, par Laura Yustas et Nelo Vilar, et les Mexicains, par Victor Muñoz. Rappelons que les sorties dans les rues, les rassemblements un peu partout, de Berlin à Tokyo, de Londres à Mexico, ont impliqué des actions « alternatives », que ce soit en regard de la libération sexuelle ou de la critique des institutions et des diverses conventions de l’époque. Le développement de préoccupations tout autant écologiques que féministes y est notamment pressenti…

Plus près de nous, Anithe de Carvalho témoigne des contestations et propositions s’étant tenues à Montréal à cette époque, et ce qu’elle considère comme une projection dans les dernières générations. Un certain narcissisme semble aujourd’hui s’opérer au lieu de l’habituelle question sociale avec ses principes d’intervention et d’application.

Avec Nathalie Côté, nous nous apercevons aussi que « ces images qui font l’histoire », ici les affiches de la contestation étudiante de 2012 nommée « Printemps érable », ont puisé dans le répertoire de celles produites lors de Mai 68, d’où la confirmation de leur importance dans le vocabulaire actif des contestations en tous genres. Les slogans de Mai 68 tels que « Sous les pavés, la plage » illustrent à quel point la dimension explosive du poétique peut propulser la portée politique des modifications exigées dans les méandres confus des engrenages sociaux.

Martin Nadeau nous rappelle à juste titre la capacité énergétique des idées et applications des théories de l’Internationale Situationniste face à la critique cybernétique, d’autant plus actuelle que nous sommes aujourd’hui conditionnés, presque « programmés ».

Par de courtes interventions, Charles Dreyfus, Arnaud Labelle-Rojoux et Julien Blaine témoignent de leur propre implication-réception dans l’univers dématérialisé des engrenages. Comme toujours, l’ambivalence des normes comme des catégories implique des motivations et des désirs, des irrigations et des transformations, un éros dans la cacophonie des désordres où s’affirment certaines dérogations.

Publié par les Éditions Intervention (confondées par Richard Martel à Québec) trois fois par an depuis 1978, Inter, art actuel (anciennement Intervention) est un périodique culturel disséminant les diverses formes, praxis et stratégies de l’art actuel – performance, installation, poésie, multimédia –, tout en interrogeant les rapports de l’art au social et au culturel, au politique et à l’éthique.

Couvrant différentes manifestations artistiques et mouvances politico-culturelles internationales, directement engagé dans le renouvellement du discours sur les pratiques éphémères et émergentes, Inter, art actuel est une tribune qui invite artistes, critiques et penseurs de la culture à prendre position (sous la forme d’essais courts, de critiques documentées et approfondies, de dossiers et de reportages, de chroniques et de comptes rendus) sur les enjeux qui touchent les pratiques de l’art actuel ou de tout domaine connexe, ainsi que sur les transformations de nos sociétés, du rituel au virtuel.

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